Pierre Laniau riche de moyens pluriels (peinture sur affiches, photographies, vidéo) est un arpenteur de la ville, de ses rebus dont il cadre la contrainte de temps et de lumière par ses photographies. Ces objets abandonnés pris, sur-pris hors de tout fonctionnalisme recomposent d’autres récits, figuratifs ou abstraits qui sollicitent en permanence notre mémoire. Les affiches des présidents embuées de peinture sont des icônes maculées, des traces sans piédestal. Par delà les fausses promesses et les éclats oubliés d’une campagne électorale ne subsistent que la monstruosité blessée du politique, de ses figurants avec leurs faciès tragiques, impuissants. La peinture dans son désarroi de couleurs et de signes les ensevelit et les réanime à la fois. 

 

Eric Corne