« Sans doute sommes nous tous, les « jetés au monde » que l’œuvre de Pierre Laniau décline en une rêverie initiatique hors temps et hors perspectives. Les «  vagabonds » chers à Rimbaud dont c’est ici un hommage «  nourris du vin des cavernes et du biscuit de la route » fouillent la ville, cette lumière fantôme car «  par ma faute nous retournerions en exil, en esclavage ».

Cette série signifiante et rythmée – soutenue par une musique de graffitis – nous fait voyants d’un espace -temps bousculé ou errent des perdus, mêlant humains et animaux, vivants et  végétaux, objets en une réalité intemporelle et actuelle qui me – nous – touchent par cette fragilité manifestée de la permanence de l’être, chère aussi à Artaud. Sensibilité qui entreprend ce chemin artistique pour dévoiler ce qui est révélé aux yeux des "voyants" ». 

Sandra Mulliez